Articles dans Le Nouveliste
Il y est, il y reste
1er Août 2011
Haïti: Se targuant d’avoir eu un parcours positif avec l’équipe nationale : 10 victoires en 14 rencontres, Edson Tavarez n’a cure des critiques à son endroit après les faux pas du Onze national à la Caribean Digicel Cup et aux récentes éliminatoires des Jeux Olympiques de Londres.
On ne change pas un entraineur qui perd. Ironique mais vrai. Brutale réalité pour la FHF qui avait engagé le Brésilien pour un contrat X dont les clauses deviendront tôt ou tard un secret de polichinelle . N’est-ce pas Viva Rio (l’ONG qui a traité avec les responsables du football haïtien)?
Tavarez sort ainsi renforcé après avoir lamentablement échoué aux portes des qualifications. Est-ce la gestion précaire du temps qui met la FHF dans ses petits souliers?
Difficile en effet d’envisager un changement radical sur le banc de touche haïtien avant le 3 septembre, date de la première rencontre officielle d’Haïti aux éliminatoires du Mondial 2014.
Ce serait refaire le coup assomé à Wagneau Eloi qui avait été renvoyé en plein parcours après un cinglant 5-0 face au Salvador. Mais de quelles circonstances atténuantes bénéficie le Brésilien?
Raphael Féquière
La DINEPA veut une coordination avec les ONG du secteur
8 Juillet 2011
La Direction nationale de l’Eau potable et de l’Assainissement (DINEPA) a signé, le mercredi 6 juillet 2011, son premier accord-cadre avec l’organisation non gouvernementale brésilienne Viva Rio. Désormais, toutes les ONG et tous les acteurs qui interviennent dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement en Haïti doivent inscrire leurs actions dans le cadre du programme national, défini par la DINEPA.
Haïti: Les organisations non gouvernementales oeuvrant dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement – celles qui sont enregistrées et reconnues par l’Etat haïtien – ne pourront plus mener leurs actions sans une coordination avec la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA). Selon le directeur général de l’Eau potable et de l’Assainissement, Gérald Jean-Baptiste, son institution a défini un programme national qui établit les normes techniques et les modèles de gestion à mettre en oeuvre pour les services d’eau et d’assainissement en Haïti.
« Les partenaires – ONG – qui travaillent dans le secteur sont extrêmement importants pour la mise en oeuvre de ce programme, au niveau de leur participation technique et au niveau financier. Les ONG sont très importantes pour nous ; leurs actions sur le territoire vont nous aider à améliorer un peu plus rapidement les services aux populations, et augmenter la capacité de couverture tant en eau potable qu’en assainissement », a indiqué ce mercredi le patron de la DINEPA, lors de la signature de cet accord-cadre avec la Viva Rio, qui travaille à Port-au-Prince depuis 2004 et qui investit aussi dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement.
« Considérant que les organisations non gouvernementales (ONG) à but non lucratif, intervenant dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement (EPA) contribuent au maintien ou à l’amélioration des conditions de vie de la population, et tenant compte de la mission de la DINEPA, il est tout à fait légitime qu’il soit établi un accord-cadre avec chaque ONG intervenant dans le secteur en vue de régir leurs rapports », soutient M. Jean-Baptiste dans le document établi à cet effet. Même si plus d’un se demande pourquoi ces ONG ne transmettent pas de préférence leurs projets à la DINEPA.
Selon les responsables, le but de cette collaboration est de « contribuer à l’amélioration des conditions de vie en Haïti, par le développement du secteur EPA, afin d’augmenter qualitativement et quantitativement l’accès aux services d’AEPA, tout en assurant la compatibilité et la pérennité des interventions y afférant ».
« C’est un honneur et un plaisir pour moi d’être le premier à participer à la signature de cet accord-cadre. On est là pour travailler et cet accord va permettre d’orienter et de coordonner nos actions sur le terrain », a déclaré le directeur de Viva Rio, Ruben César Fernandez.
Par ailleurs, à en croire le directeur de la DINEPA, de nombreuses ONG – oeuvrant dans le secteur – au moins 80, répertoriées sur le territoire -, sont en train de réunir les conditions pour la signature de cet accord-cadre. « Tous les partenaires et acteurs qui interviennent aujourd’hui dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement, dit-il, doivent inscrire leurs actions dans le cadre de ce programme national, défini par la DINEPA.

De gauche à droite: le directeur de Viva Rio, Ruben César Fernandez et celui de la DINEPA, Gérald Jean-Baptiste, après la signature de l'accord cadre (Photo: Moranvil Mercidieu)
« Promouvoir l’installation et une utilisation rationnelle des services d’eau potable et d’assainissement ; s’assurer que les systèmes d’AEPA sont efficaces, efficients, durables, respectueux de l’environnement et que l’accès à leur service est équitable », sont, entre autres, les objectifs de la collaboration entre la DINEPA et les ONG oeuvrant dans le secteur
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
En Haïti, les déjections servent à se chauffer et cuisiner
17 Avril 2011
Haïti: L’idée a déjà fait ses preuves en Chine et en Amérique centrale mais commence juste à être développée en Haïti: produire du gaz servant à la cuisine en recyclant les excréments humains. Un concept simple et révolutionnaire dans ce pays en proie au choléra et à la déforestation.
Appelée “biodigesteur”, cette invention requiert peu d’infrastructures: des toilettes, sèches ou non, raccordées à un puit hermétique fait de briques, lui-même relié à un bassin.
Sans air, les bactéries contenues dans les selles décomposent 85% de celles-ci en produisant en même temps du gaz méthane, explique Martin Wartchow en pointant son briquet au-dessus d’un petit tuyau sortant de la citerne. Une puissante flamme s’embrase aussitôt.
“Les 15% restants de déchets organiques sont rejetés avec de l’eau dans une zone végétale où ils seront dégradés”, poursuit cet hydrologue travaillant à Port-au-Prince pour l’ONG brésilienne Viva Rio.
“Aucun produit chimique n’est utilisé et au final, l’eau qui est recueillie est totalement propre”, poursuit-il en plongeant sa main dans un bassin rempli du liquide filtré. “On élève même des poissons dedans”, pointe l’ingénieur.
Récemment achevée dans un centre de Viva Rio qui reçoit plus de 600 petits Haïtiens chaque jour, l’installation présentée doit ultimement être reliée à une cantine en construction. “Pour remplacer le charbon de bois”, souligne-t-il.
Un défi majeur: par manque d’énergie bon marché dans cet Etat, le plus pauvre de l’hémisphère nord, les Haïtiens cuisinent quasi exclusivement en se servant de charbon de bois.
Avec pour conséquence, une déforestation massive: la partie occidentale de l’île d’Hispaniola (que se partagent Haïti et la République dominicaine) n’est désormais recouverte que de 1,5% de forêts, contre 80% lorsque Christophe Colomb l’a découverte au XVe siècle.
“Les Nations unies ont payé plein d’enquêtes pour trouver des solutions pour remplacer le charbon: il suffisait d’aller voir au Nicaragua ou en Chine”, plaisante l’humanitaire. 70.000 biodigesteurs ont en effet été construits dans le territoire d’Amérique centrale… et mille fois plus dans le géant asiatique.
Autre point positif: ce dispositif permet de traiter simplement et efficacement les excréments. Comme l’a prouvé l’épidémie de choléra, qui a fait plus de 4.700 morts à ce jour, l’absence de réels systèmes d’égouts est dramatique en Haïti.
“Depuis l’épidémie on a eu beaucoup de demandes de cliniques qui jusque là rejetaient ces déchets dans les canaux”, indique l’hydrologue.
En tout, 70 biodigesteurs ont déjà été construits en Haïti par Viva Rio et autant sont en projets.
Mais une fois construit, tout n’est pas gagné, comme le montre l’exemple du camp de Santos 17, en banlieue de Port-au-Prince, où vivent 2.700 personnes.
Des biodigesteurs ont été installés en février aux côtés des nouveaux abris temporaires en bois et tôles. Problème: la cuisine qui est censée être raccordée au gaz produit par les toilettes du camp n’est pas accessible.
“C’est l’ingénieur de l’OIM (Organisation Internationale des Migrations) qui a la clé”, bredouille Jean-Max Fortune, le responsable municipal du camp. De toute manière, les réchauds attendus ne sont pas arrivés, dit-il avec nonchalance, ajoutant qu’”il faut encore éduquer les gens à ce système”.
Sa case à trois mètres de ladite cuisine, Roselyne Colas avoue ne pas comprendre l’utilité de la chose. En désignant le réchaud installé dans la cabane de 18 m2 qu’elle partage avec sept autres membres de sa famille, la jeune-femme corpulente déclare: “Je fais la cuisine avec du charbon”.
La danse, richesse culturelle haïtienne
17 Avril 2011
Haïti: C’est sur des pas de danse que la troupe Aochan Créole a célébré son premier anniversaire de fondation au local du centre communautaire Viva Rio, Kay Nou, le samedi 26 mars 2011. Devant un public assez dense où prenaient place l’ambassadeur du Canada, Henri-Paul Normandin, l’ambassadeur de Suisse, Urs Berner et d’autres invités de marque, la troupe a revisité le répertoire riche et diversifié de la danse haïtienne, du Yanvalou au rara.
Tout a commencé par un roulement de tambours. Le danseur chorégraphe bien connu Jean Ricardo, torse nu, surgit sur la scène. Ses pas ont été suivis par des danseuses en chemisette blanche laissant admirer la beauté de leur corps. C’était le début d’une aventure qui allait durer plus d’une heure. Le corps parle son propre langage, invite les spectateurs à apprécier la teneur de ses gestes. Chaque Rythme traîne derrière lui son lot de mouvements. A l’annonce du yanvalou, les corps imitent la forme du serpent, symbole de la guérison, de la récupération et de la reconstruction.
Les danseurs seniors s’effacent momentanément. Des enfants assiègent la scène. La danse a perdu de sa forte dose pour faire place aux jeux. La scène devient bruyante. Il a fallu l’intervention de la coordonnatrice, la ravissante brésilienne Aila Machado, pour nous situer. « Aochan Créole n’est pas exclusivement un projet de danse. C’est un projet d’éducation tout court. 220 personnes de 3 à 70 ans y viennent se former et se recréer par la danse et les jeux éducatifs », explique la chorégraphe, qui ajoute que ce projet couvert par le programme éducation, sports et arts de l’ONG Viva Rio donne à manger aux enfants et les assiste sur le plan médical.
Finis les grands discours à caractère humanitaire, la danse reprend du poil. Les tambours retentissent. Les danseurs et danseuses viennent de nulle part et de partout dans l’assistance. Les femmes, leur panier traditionnel sur la tête, et les hommes, flanqués de leur pioche. C’est l’annonce de la coumbite. La coumbite est une danse de travail communautaire pour l’obtention d’aliments. C’est une agglomération de travailleurs qui s’unissent pour chanter et danser pendant le travail, rendant la tâche plus festive et moins ardue.
On égrène des rythmes comme on change de costume. De la coumbite on passe au mascaron pour se décontracter et s’évader de la misère quotidienne. L’ambiance se durcit quand la fanfare annonce le tcha-tcha-tcha. La salle s’est transformée en une vaste piste de
danse où Aila Machado se jette corps et âme. Un soldat de la Minustah, du contingent brésilien sûrement, suit ses pas. C’est l’émoi dans l’assistance qui croyait que ces soldats ne sont bons que pour des « chasses à l’homme ». On passe à la samba pour montrer culturellement que le Brésil et Haïti se prennent par la main. Aila Machado prend les rênes. On était en pleine fête quand le rara vient annoncer la fin de la soirée. Les organisateurs donnent rendez-vous pour l’année prochaine.
J.N.
Bel-Air retrouve peu à peu son calme
25 Janvier 2011
Haïti: Après la chute au pouvoir du régime de Jean Bertrand Aristide en 2004, le quartier du Bel-Air à Port-au-Prince était caractérisé par des vagues de violence, où des groupes armés rivaux s’affrontaient régulièrement, pour le leadership de la zone. « Aujourd’hui, cette réalité tend à disparaître », se réjouit Daniel Delva en charge du Bureau de sécurité communautaire au sein de l’organisation non gouvernementale Viva Rio. « Ce retour à la vie paisible serait le fruit des travaux assidus réalisés par la commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion CNDDR, de concert avec l’ONG brésilienne Viva Rio», a-t-il poursuivi. Depuis 2007, ces deux institutions cherchent des formules de politiques publiques visant à promouvoir la culture de la paix et le développement social au Bel Air.
« Cependant, la situation sécuritaire du quartier reste précaire », s’inquiète Daniel Delva. Il rappelle qu’au lendemain du séisme dévastateur du 12 janvier 2010, qui a aussi saccagé la prison civile de Port-au-Prince, des centaines d’évadés se sont réfugiés au Bel Air et dans les autres quartiers populaires avoisinants. « La plupart d’entre eux étaient des criminels notoires, mais ils n’ont jamais été appréhendés par la justice », a-t-il dit.
L’autre facteur qui pourrait provoquer une montée soudaine des actes de violence dans la communauté, c’est la crise post-électorale qui prévaut dans le pays depuis le 7 décembre dernier, après la publication des résultats partiels de la présidentielle. « L’actuelle crise post-électorale pourrait provoquer des mouvements de foule et des mouvements de panique » a souligné Daniel Delva. Ce riverain du Bel Air espère que toutes ces préoccupations vont retenir l’attention des autorités compétentes du pays. Il les encourage à rester vigilants, au cas où la situation viendrait à tourner au vinaigre.
« Le sport peut être un outil important non seulement pour la réduction de la violence communautaire, mais aussi pour l’inclusion sociale ». C’est l’opinion partagée par les responsables de l’organisation non gouvernementale Viva Rio, à l’occasion de la « Journée haïtienne du sport pour la paix », célébrée le 23 janvier dernier, au siège social de la Viva Rio, au boulevard Jean-Jacques Dessalines. Une journée largement soutenue par le Comité olympique haïtien, nous dit Jean Phylipe Espirito Santo, responsable des relations institutionnelles à la Viva Rio. « Les différentes fédérations sportives du pays ont toutes apporté leur pierre, lors des ateliers préparatifs à cette journée ».
Cette journée de sensibilisation sur la paix a été inaugurée, tôt dans la matinée, par une course de six kilomètres dans les rues de Port-au-Prince. Une délégation d’une centaine d’athlètes olympiques brésiliens de référence ont pris part aux côtés des Haïtiens, à cette journée d’activités. Parmi ces athlètes étrangers, on pouvait distinguer : Sandro Viana, médaille d’or en relais des jeux Pan Américains de Rio de Janeiro en 2007, Nalblet Tavares Bitencourt, capitaine de l’équipe masculine de volley-ball du Brésil depuis huit ans, et médaille d’or olympique en 2004. La journée a été marquée, entre autres par des présentations de danse, de volley-ball, de judo, de saut en longueur et d’autres jeux divers pour les enfants.
« Il s’agit là d’un message adressé à l’endroit des autorités sportives haïtiennes, qui ont l’obligation de promouvoir le sport dans les communautés », a poursuivi Jean Phylipe Espirito Santo. Il a également insisté sur l’importance du sport comme outil de récupération de l’estime de soi de chaque citoyen.
Une batterie de journalistes brésiliens étaient venus assurer la couverture des activités de la « Journée haïtienne du sport pour la paix ». La Viva Rio espère qu’ils vont réaliser une large promotion des talents sportifs haïtiens, ce qui va faciliter du même coup la recherche de partenariats pour des projets durables dans le domaine du sport en Haïti.
Duly Lambert
dulylambert@yahoo.fr
Une journée sportive pour la paix
25 Janvier 2011
Haïti: Ils courent pour promouvoir la paix, ils traversent les rues de Port-au-Prince au cours de la journée haïtienne du sport pour la paix, ce dimanche 23 janvier 2010. Cette initiative de l’organisation brésilienne Viva Rio a drainé une bonne centaine de jeunes haïtiens mêlés à des sportifs brésiliens et étrangers dans les rues afin d’entretenir la culture du dialogue et de la paix. Ils courent à pied depuis les rues poussiéreuses de la Place d’Italie au Bicentenaire pour atteindre le siège de Viva Rio appelé Kay Nou situé à La Saline. Sur un parcours de six kilomètres, ils étaient nombreux et de tout âge à courir. Des jeunes dans la quinzaine, des quinquagénaires buttaient dans les rues défoncées de la ville. Environ 300 Haïtiens et 250 Brésiliens, parmi lesquels les membres du personnel civil, militaire et policier de le MINUSTAH faisaient résonner les rues au pas de course.
La course à pied a été remportée haut la main par l’ancien athlète professionnel haïtien, Jean Robert Baptiste. « J’encourage les jeunes haïtiens à faire du sport, car cette pratique est l’un des facteurs qui empêche la déchirure sociale », a dit l’heureux gagnant, stimulé par le souci de faire entendre la voix de la paix dans un pays souvent en proie à la violence. En deuxième place s’est distingué un ancien routier de la course en Haïti, FéFé Notus. Derrière les vétérans, Guerrier Jacky surnommé Jacky Chen s’est contenté d’un troisième place. D’après Jacky « Le sport combat l’oisiveté et offre des opportunités d’avenir. »
La journée sportive a été l’occasion pour des jeunes haïtiens de participer à diverses activités comme des danses folkloriques brésiliennes, des matchs de football en salle, des ateliers de volley ball, de saut en longueur et de judo. Somme tout un ensemble d’activités conduites par des monitrices et moniteurs brésiliens.

Des coureurs traversent au pas de course le quartier du Bel-Air ce dimanche 23janvier 2011 (Photo: Claude Bernard Sérant)
L’Ambassadeur du Brésil en Haïti, Igor Kipman, a manifestement apprécié cette journée sportive. Selon lui, la démarche de cette initiative entre dans le cadre de la coopération haitiano-brésilienne sur le chapitre du sport. Il cite néanmoins deux objectifs : faciliter l’inclusion sociale et voir Haïti participer au Mondial 2014 au Brésil et réduire la violence communautaire dans le pays, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
Les Grenadiers partent se préparer à Rio de Janeir
Les présélectionnés qui devront faire partie de la sélection nationale haïtienne de football ont quitté Port-au-Prince ce lundi en direction de la république Dominicaine d’où ils prendront une connexion en direction de Rio de Janeiro
Haïti: 21 joueurs composent ce premier groupe de présélectionnés qui ne compte aucun joueur du Baltimore de Saint-Marc et encore, fait étonnant, aucun joueurs du Tempête de Saint-Marc pourtant champion invaincu du championnat national en cours à une journée de la fin de la compétition, alors que Eliphène Cadet, visiblement à court de compétition et de rythme fait partie de cette liste. Dans la liste des gardiens retenus, on notera l’arrivée de Beckenson Fortuné du Victory en récompense de sa bonne compétition. Il retrouve Peterson Occénat de l’Aigle Noir que l’on ne présente plus et le capois Yves-Marie Clervain de l’AS Capoise.
Seul Parnel Guerrier a déjà un passé international chez les seniors parmi les défenseurs retenus dans une équipe qui est visiblement en reconstruction.
La ligne du milieu qui sera dominé par une entente fraternelle avec la présence des deux demi frères de l’ASCAR Monuma Constant Junior et Fabio Testi ainsi que des deux frères Capois, Jacquenson Jean de l’AS Capoise et Jackinto Jean du Don Bosco sera elle aussi inédite avec plusieurs nouveaux joueurs. Beauvais Anderson Cha très technique mais d’apparence frêle, Wilfrid Brunache, Johnny Joseph de l’Aigle Noir n’ont pas été retenus.
En attaque, Fritzson Jean-Baptiste un peu à court de rythme, mais encore, Angelot Dieujuste de l’ASCAR et Amius Kemly du Dynamite ne repondent pas à l’appel. Belfort Kervens Fils en stage au Mans repond lui aussi absent. Par contre, deux vieux briscards seront présents. Il s’agit de Eliphène Cadet et Leonel Saint-Preux.
La liste des présélectionnés :
Gardiens
1. Yves Mary CLERVIN (ASC)
2. Beckenson FORTUNE (VICTORY)
3. Peterson OCENNAT (AIGLE NOIR)
Défenseurs
4. Parnel GUERRIER (VICTORY)
5. Jean Garry RUBIN (AMERICA)
6. Louimor LUMA (AMERICA)
7. Wild Donald GUERRIER (VIOLETTE)
8. Junior CLAIRSSAINVIL (ASCAR)
Milieux de terrain
9. Widlere DUROSIER (AIGLE NOIR)
10. Tony Fabio Testi JEAN CHARLES (ASCAR)
11. Jacquenson JEAN (ASC)
12. Jackinton JEAN (DON BOSCO)
13. Chardeston CHARLEMAGNE (VIOLETTE)
14. Constant MONUMA (ASCAR)
15. Harold FEDE (ASM)
16. Harold MILORD (CAVALY)
17. Joseph Nicodème BEAUGE (VIOLETTE)
Attaquants
18. Eliphène CADET (AIGLE NOIR)
19. Ricardo CHARLES (VICTORY)
20. Léonel SAINT PREUX (VICTORY)
21. Darlin TOBY (ASC)
2 joueurs expatriés hormis Jeff Louis (Le Mans), Jean Jacques Pierre (FC Nantes), Belfort Kervens Fils (Le Mans) et Jean Sony Alcénat (Leixoes), pourraient renforcer cette liste de présélectionnés
Les présélectionnés vont entreprendre leur premier camp d’entraînement sous la houlette du nouveau sélectionneur brésilien des Grenadiers, Edson Araujo Tavarez. A l’issue de ce premier camp d’entraînement qui sera agrémenté de plusieurs matches amicaux de préparation sous la houlette de M. Edson Araujo Tavares et d’un staff exclusivement
brésilien, la sélection nationale haïtienne ira à Trinidad disputer le 2e tour des éliminatoires de la Digicel Cup des Nations Caribéennes du 2 au 6 novembre prochain. En cas de qualification pour la phase finale, la sélection nationale devra disputer la phase finale de la « Digicel Caribbean Nation’s Cup » dans le groupe qui évoluera en Martinique entre le 26 novembre et le 5 décembre.
Haïti devra en cas de participation à la phase finale de la compétition, se qualifier pour la phase finale de la Gold Cup 2011.
A noter que Digicel et Viva Rio sont les partenaires de la Fédération Haitienne de Football dans cette entreprise de préparation des Grenadiers
Enock Néré
Viva Rio prête un peu la main à l’ONI
4 Octobre 2010
Haïti: Un accord de partenariat a été signé ce lundi entre l’organisation non gouvernementale brésilienne Viva Rio et l’Office national d’identification (ONI). Ainsi, les deux institutions ont installé quatre bureaux d’enregistrement au siège social de l’ONG brésilienne, sis au boulevard Jean-Jacques Dessalines, pour accueillir les personnes désireuses d’obtenir leur carte d’identification nationale (CIN).
Il s’agit de faciliter plus précisément les citoyens et citoyennes vivant dans les quartiers de Bel-Air, La Saline et « Fort Touron » de se faire enregistrer en vue de l’obtention de ce document exigé par les autorités haïtiennes. « En signant cet accord, c’est une possibilité d’accès qu’on offre aux habitants de ces communautés », a expliqué Jude Pierre, coordonnateur du Projet « Tanbou Lapè », au cours d’une conférence de presse.
Ce programme n’a rien à voir avec la participation des électeurs aux scrutins présidentiel et législatif du 28 novembre prochain, a précisé Berdine Edmond, responsable de relations publiques au sein de Viva Rio.
Démarré environ une semaine après la fermeture du registre électoral, le programme envisage d’enregistrer 600 personnes par semaine sur une durée de trois (3) mois.
Selon Jude Pierre, qui se dit satisfait du lancement de ce processus, quatre brigadiers de Viva Rio sont affectés à ce centre d’enregistrement où des employés de l’ONI assurent les manoeuvres techniques, toujours avec l’appui financier de l’Organisation des États Américains (OEA). Pour cette première semaine, de nouveaux demandeurs de CIN seront reçus, avant de considérer le cas des Cartes perdues ou erronées.
Les personnes qui se sont inscrites après la date du 28 septembre 2010 ne pourront pas voter le 28 novembre 2010, a rappelé Ronald Covil, directeur général de l’ONI, qui participait également à la cérémonie d’ouverture des nouveaux bureaux.
« Le processus d’enregistrement se poursuit au-delà de ces élections, mais c’est fini pour les électeurs qui souhaitaient passer aux urnes le 28 novembre 2010 (…) », souligne cette institution.
Reconnaissant les difficultés auxquelles font face les citoyens réclamant les CIN, M. Covil annonce l’installation d’un autre bureau dans la zone de Port-au-Prince en vue de servir le maximum de gens.
Par ailleurs, le directeur général en a profité pour déplorer ce qui s’est passé dimanche soir aux Cayes (Sud), où un incendie d’origine inconnue a détruit un bureau de l’ONI, logé dans le même bâtiment que les locaux du Bureau électoral communal (BEC) et du Bureau électoral départemental (BED), qui eux n’auraient subi aucun grand dommage.
Selon les informations, les équipements et divers matériels de l’ONI ont été détruits ainsi que beaucoup de cartes d’identification nationale.
Pour l’instant, l’ONI, placée sous la tutelle du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, dispose de 141 bureaux sur tout le territoire national. Depuis son existence en 2005, il a enregistré environ 4.5 millions d’Haïtiens dont 51% d’hommes et 49% de femmes.
« Sans les moyens nécessaires, l’ONI ne peut pas effectuer un travail efficace », affirme son directeur Ronald Covil.
Victor Junior Jean

Le secrétaire d'Etat à la production animale Michel Chancy et le président brésilien Ignacio Lula Da Silva
Haïti-Brésil, pour une coopération continue
Renforcer le système d’achats locaux de produits agricoles
20 Septembre 2010
En vue de coordonner les travaux développés par des organisations de la société civile brésilienne dans le domaine de l’assistance humanitaire en Haïti, une réunion de deux jours s’est tenue à l’Hôtel Karibe à cet effet. Pour continuer de renforcer la coopération entre les deux pays du point de vue agricole, le Brésil a monté un système d’achats locaux de production agricole, ce qui est destiné à servir de levier à l’agriculture familiale.
Haïti: Des représentants d’une quinzaine d’organisations non gouvernementales brésiliennes, dont Viva Río ont pris part dimanche soir, à l’hôtel Karibe à Pétion-Ville, à la première « Réunion de Coordination de la société civile brésilienne en Haïti ». Cette initiative vise, entre autres, à faciliter les échanges entre les deux pays, particulièrement à renforcer la coopération entre le Brésil et Haïti du point de vue agricole.
« Nous avons une société très active au Brésil comme en Haïti, et la coopération entre les deux pays s’est beaucoup accrue ces dernières années. Nous avons donc pensé que cette réunion serait importante pour faciliter les échanges entre les deux pays », a déclaré le ministre des Relations extérieures du Brésil, Milton Rondó Filho, qui dit que son pays veut travailler avec Haïti dans le champ de la souveraineté alimentaire ainsi que de la souveraineté énergétique.
Selon le ministre brésilien, dans le but de supporter la sécurité alimentaire et de renforcer l’agriculture familiale haïtienne, le Brésil a monté un système d’achats locaux de production agricole. « Nous essayons d’acheter localement. C’est un levier important pour le développement. Nous achetons le « lèt agogo » (production locale) pour l’alimentation scolaire des enfants ainsi que du maïs du « mouvm peyizan Papay » pour ne pas tuer la production locale. Non seulement ce procédé développe la communauté, mais aussi il améliore la condition de l’apprentissage des enfants et leur situation nutritionnelle », a avancé le ministre brésilien des Relations extérieures.
« Nous avons plusieurs initiatives. L’une des plus importantes, c’est un programme d’acquisition d’aliments, dont le lait. On va acheter le « lèt agogo » pour l’alimentation scolaire, et on va aussi essayer d’aider l’Etat haïtien à organiser la chaîne du lait. Nous avons aussi d’autres projets combinant la production d’aliments et d’énergie », a renchéri M. Rondó.
De son côté, le secrétaire d’Etat à la production animale, le Dr Michel Chancy, présent à la réunion, a salué cette coopération et a affirmé avoir beaucoup à apprendre de l’expérience brésilienne. « C’est une grande coopération. Le Brésil veut nous appuyer dans plusieurs domaines. L’un des points les plus importants, c’est que le Brésil a monté un système d’achats locaux de production agricole, ce qui est destiné à servir de levier à l’agriculture familiale, tout en appuyant le programme de cantine scolaire du gouvernement haïtien », a avancé M. Chancy qui était au Brésil récemment afin de mieux circonscrire le système d’achats locaux.
Selon le secrétaire d’Etat à la production animale qui a assisté à la réunion de la Commission nationale de l’Alimentation et la Sécurité alimentaire (CONSEA) du Brésil, l’objectif de cette visite était de se familiariser et de comprendre la portée et la modalité des programmes de sécurité alimentaire notamment « l’acquisition d’aliments locaux » et « l’alimentation scolaire ».
« Vu l’expérience confirmée du Brésil dans la pratique de la production agricole familiale, le gouvernement haïtien a suivi avec un grand intérêt l’adoption par le Brésil d’un nouveau plan de sécurité alimentaire basé sur un système d’achat de produits agricoles provenant des unités de production familiale. Car, la question de la satisfaction des besoins alimentaires de la population brésilienne étant une priorité pour le gouvernement de M. Ignacio Lula Da Silva », reconnaissent les membres de la délégation du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du développement rural (MARNDR).
Selon un communiqué du ministère, des activités de recherche agricole destinées aux besoins de l’agriculture familiale seront entreprises conjointement. Le Brésil, lit-on dans cette note, est prêt à assister techniquement le pays dans le renforcement des programmes d’achat de produits alimentaires locaux en soutenant notamment une filière phare: « le lait dans les écoles». Le Brésil estime que le modèle haïtien de développement de la « filière lait » peut inspirer d’autres pays et c’est une autre raison pour laquelle il est intéressé à soutenir ce projet et à apprendre aussi du modèle haïtien.
« En termes de perspectives de coopération, le Brésil est prêt à partager avec Haïti son expérience d’appui à l’agriculture familiale comprenant les aspects de financement, crédit, assurance agricole et les programmes d’achat de produits agricoles pour l’alimentation scolaire. Les programmes brésiliens de diffusion des nouvelles technologies d’information, de communication et d’ingénierie sociale pourraient être aussi expérimentés en Haïti », poursuit le communiqué.
Affirmant que toute l’agriculture haïtienne est quasiment pratiquée suivant un système familial destiné tant à l’autoconsommation qu’au marché, les autorités sont en effet confiantes que ce modèle peut être bénéfique au pays. « Le pays compte environ un million d’exploitations agricoles de type familial. Ces petites unités de production constituent la base d’un secteur dont la principale fonction est la production de biens alimentaires pour satisfaire les besoins d’une population croissante. Tout comme le Brésil, valoriser la production provenant de ces exploitations est l’une des grandes lignes définies dans la politique agricole du gouvernement haïtien », soutiennent les responsables.
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
Main tendue et partenariat
13 Septembre 2010
Haïti: Viva Rio qui porte un regard sur les besoins de l’équipe nationale, la chaîne de télévision allemande SAT2 qui partage sa vision des nécessiteux du sport à travers la construction d’une Académie Nationale de Football, deux entraîneurs haïtiens en stage en Argentine, Haïti à pied d’oeuvre au Brésil avec onze jeunes footballeurs en stage et une sélection féminine qui s’entraîne, le projet d’érection en Haïti par la Fifa d’un centre de football (excusez du peu). C’est cadeau.
Il y a une nouvelle génération qui profitera sans doute de ces opportunités. Depuis plus de 30 ans, on n’a pas fait mieux dans la main tendue, voire dans le partenariat.
Comme un nageur qui nage avec sa combinaisoin en lieu et place du short traditionnel, l’athlète haïtien pour atteindre le haut niveau doit désormais compter sur l’encadrement international.
S’il y a une émulation du côté des donateurs, il faut savoir toujours la mettre à profit. Et au bout du compte, est-ce que la moisson sera pourtant bonne? Nous le souhaitons vivement.
Et pour parodier l’ambassadeur du Brésil en Haïti, Igor Kipman,l’aide sportive internationale quelque soit son importance ne suffit pas, il revient à nos sportifs de forger eux-mêmes leur avenir.
Raphael Féquière
De la phase d’urgence à la phase de construction
3 Août 2010
L’organisation non gouvernementale Viva Rio a dressé, le vendredi 30 juillet, un bilan de ses activités réalisées dans le pays six mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Ainsi, prend fin la phase d’urgence pour cette organisation qui compte déjà passer à la phase de construction.
Haïti: Créer un bureau de médiation de conflits dans son centre communautaire, entretenir un partenariat avec la Minustah pour l’ouverture d’un bureau d’aide juridique, construire une école professionnelle à l’Arcahaie sont, entre autres, les différents projets prévus par l’organisation Viva Rio, qui s’apprête à reprendre ses activités habituelles. Toutefois, l’organisation brésilienne entend continuer à apporter l’aide qu’elle distribue aux victimes du séisme du 12 janvier.
« En dépit de la fin de la phase d’urgence, nous comptons toujours prodiguer des soins médicaux quotidiennement à des dizaines de patients qui fréquentent la clinique que nous avons implantée dans notre centre “Kay Nou” depuis le 12 janvier », a declaré le Dr Rosiane Siméon, responsable du projet santé au sein de Viva Rio. Une clinique mobile a aussi administré des soins médicaux aux résidents de plusieurs quartiers de la capitale. « En outre, nous avons vacciné, de concert avec le ministère de la Santé publique et de la population, 7 000 personnes, ajoute-t-elle.»
Malgré les pertes en ressources matérielles, les responsables de Viva Rio affirment qu’ils n’ont pas baissé les bras. Vu la situation qui sévit dans le pays après le tremblement de terre, ils ont vite compris la nécessité de travailler en vue de garantir une sécurité communautaire. A travers la Brigade de protection communautaire (BPC),
ils ont mené une campagne de sensibilisation auprès de la population. Les brigadiers ont également été mobilisés pour secourir et assister les personnes les plus vulnérables en cas de catastrophe naturelle.
« En partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), nous avons distribué des kits alimentaires à près de 90 000 personnes pendant le mois de mars. Jusqu’à présent, nous délivrons 250 000 litres d’eau chaque jour. Sur le plan hygiénique, nous avons placé plus de 500 latrines dans environ une quarantaine de sites », précise Danielle Bercovitch, l’une des responsables de Viva Rio.
Pendant l’urgence, les décideurs au niveau de Viva Rio avaient mis sur pied des activités culturelles et sportives. Ils ont accueilli environ 150 enfants dans une école de danse folklorique ouverte après la catastrophe. Ils ont également offert des cours de dessin à d’autres enfants. A l’occasion de la Coupe du monde de football 2010, ils ont organisé une compétition qu’ils ont dénommée “Timondyal”. Plus de 480 jeunes issus de 32 équipes de différents quartiers de Port-au-Prince ont participé à cette compétition.
Depuis le 8 juin 2010, Viva Rio, rapporte Montinard Robert, coordonnateur du projet sécurité communautaire, a entrepris la collecte et le recyclage de 120 mètres cubes de débris. Conjointement avec la Minustah, l’organisation brésilienne procède à la réhabilitation de près d’une douzaine de canaux et a permis à plus de 1 500 personnes de travailler dans le cadre du programme Cash For Work.
Gérard JEANTY Junior
Une autre façon de cultiver
6 Novembre 2009
Un projet baptisé « Toits verts » a été lancé ce vendredi par l’organisation non gouvernementale brésilienne Viva Rio. Selon les responsables de cette ONG, ce projet qui va permettre la culture des denrées sur les toits des maisons en béton, rentre dans le cadre d’un ensemble d’activités déjà entreprises par ladite ONG en vue de réduire la violence au Bel-Air.
Haïti: Le quartier du Bel-Air sera une fois de plus bénéficiaire de projets visant à améliorer les conditions de vie de la population de cette zone.
L’organisation non gouvernementale Viva Rio, initiatrice de bon nombre de projets dans cette banlieue de Port-au-Prince, vient d’introduire ce vendredi, une nouvelle technologie permettant de faire de l’agriculture sur les toits des maisons.
« L’un des objectifs de ce projet c’est d’abord le renforcement de la production nationale par la culture de plantes vivrières et des légumes sur les toits des maisons », a déclaré Ruben César Fernandez, directeur exécutif de Viva Rio, lors du lancement du projet ce vendredi 6 novembre 2009 au grand centre communautaire « Kay Nou », au Portail Saint Joseph. Ce projet, poursuit M. Fernandez, va beaucoup aider dans l’avancement du pays dans le domaine environnemental, économique et social.
Le maire adjoint de la municipalité de Port-au-Prince, Guercy Mouscardy, s’est réjoui de cette initiative qui, selon lui, va contribuer à l’avancement du pays. « Le projet « Toits verts » a une double portée pour la zone. Non seulement il va économiquement et socialement aider directement plusieurs centaines de familles, mais aussi contribuer à l’assainissement et au décongestionnement de plusieurs rues de la capitale », a-t-il fait remarquer. Aussi, il en a profité pour saluer le partenariat qu’il qualifie d’ « intelligent » entre Viva Rio et l’Etat haïtien.
De son côté, le directeur départemental ouest du ministère de l’Environnement, Luckner Remarais, a informé que plus de cinquante (50) mille plantules notamment de piment, tomate, carotte, haricot, patate, laitue, haricot rouge, noir et vert, ont déjà été mises en terre en attendant l’arrivée d’autres plantes. Plusieurs quartiers dont Fort Touron, La Saline, Delmas 2, Tokyo, Saint Martin, Haut du Bel-Air et Fort National hériteront de ce projet réalisé conjointement avec les notables et les organisations non gouvernementales de base du Bel-Air.

La directrice de Viva Rio, Daniela Bercovitch donnant des explications à des visiteurs sur l'un des projets "troits verts" déjà réalisés
Viva Rio est une Ong brésilienne qui se donne pour mission d’aider la population du Bel-Air. Elle intervient aussi au niveau de l’éducation, à donner un aspect accueillant à la
zone tout en participant à la réduction de la violence qui y sévissait autrefois. Elle a déjà réalisé plusieurs projets dont « Bèlè vèt », « Tanbou lapè », construction de plusieurs kiosques.
Robson Joachim
Du rouge au vert
29 Juillet 2009
36 515 habitants du Bel-Air ont signé une pétition, remise au Premier ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis, réclamant que ce quartier, redevenu calme, passe du rouge au vert sur la carte de la sécurité. Du rouge au vert, « Bèlévèt », retour sur conférence de presse aquarelle.
Haïti: Entre fin 2004 et mi -2006, même les chiens n’osaient s’aventurer au Bel-Air à cause du risque élevé de recevoir une balle perdue. Depuis lors, une page est tournée. Les armes se sont tues, le sang n’y coule plus. Nombre de ses résidents en sont fiers. Mais, au-delà de ce sentiment, ils revendiquent une « requalification sur la carte de la sécurité ».Sortir du rouge pour passer au vert. « Bel-Air n’est plus une zone rouge. Elle est verte », a revendiqué, persuasif, Joassaint Vénius, le mercredi 29 juillet 2009, à la Primature, lors d’une cérémonie officielle de remise d’une pétition à cet effet au chef du gouvernement Michèle Duvivier Pierre-Louis.
« Même si c’est déjà dit par les précédents intervenants, je tiens cependant a souligné que ce sont 36 515 citoyens et citoyennes qui ont signé, a-t-il enchaîné comme pour insister sur le fait que chaque signature compte. Nous sommes maintenant prêts à recevoir les investisseurs », a-t-il ajouté, invitant à suivre l’exemple du plus vieux quartier de la capitale haïtienne.
« La situation sécuritaire dans le pays et au Bel-Air en particulier a changé de manière significative au cours des trois dernières années grâce à une synergie des actions entre la PNH, la MINUSTAH, la CNDDR et les habitants des quartiers appelés « zone de non-droit » », a indiqué Alix Fils-Aimé. Le patron de la CNDDR, avec une satisfaction perceptible, a vanté le mérite de cette synergie, de ce « partenariat constructif pour la paix et la sécurité ». « C’est le résultat de ce travail qui est célébré aujourd’hui quand 60 % de la population du Bel-Air qui compte plus de 80 000 personnes demande de passer sur la carte de rouge à vert », a-t-il fait remarquer non sans insister sur la nécessité d’un plus grand engagement social et économique en faveur de ces communautés jadis en proie à la violence.
Evoquant le concept de la « solidarité productive », M. Fils-Aimé s’est transformé en agent de relation publique. « Il y a deux domaines d’investissements au Bel-Air. Il y a un potentiel artistique très intéressant et un projet de mise sur pied d’une coopérative de production de plantes », a-t-il dit sous les yeux du directeur de l’ONG brésilienne Viva Rio, Ruben César Fernandes, et de l’ambassadeur du Brésil à Port-au-Prince, Igor Kipman, dont les actions au Bel-Air semblent appréciées par la population.
Se remémorant ses souvenirs d’adolescente curieuse, friande de littérature, d’analyses politiques, chez Franckétienne, au Bel-Air, sous Duvalier, le Premier ministre a confié qu’une partie d’elle est restée attachée à ce quartier. « A travers cette pétition, je salue la force et la volonté des habitants de ce quartier de travailler pour la paix, a indiqué Mme Pierre-Louis. Le vert est un symbole très fort. Il signifie que l’on peut aller de l’avant. Il signifie l’accueil et la pacification », a expliqué Michèle Pierre-Louis qui souhaite que le vert soit le symbole de tous les secteurs voulant l’avancement d’Haïti.
Comme Alix Fils-Aimé, Michèle D. Pierre-Louis a capitalisé sur la stabilité des dernières années. Grâce à ces efforts de stabilisation, aujourd’hui, un pays comme le Canada a récemment levé sa mise en garde à ses ressortissants voyageant en Haïti. Les Etats-Unis ont fait pareil, même si ce n’est pas au même niveau que le pays de la feuille d’érable, a-t-elle déclaré en faisant allusion aux discussions en ce sens entre le président René Préval et l’émissaire du secrétaire général des Nations unies en Haïti, l’ex-président américain Bill Clinton. Les mises en garde sont des freins à l’investissement qu’il faut continuer à lever, a-t-elle ajouté.
Surplombant la baie de Port-au-Prince par endroits, Bel-Air est un quartier où résidaient négociants, intellectuels et hommes politiques au début du XXe siècle. Les premières vagues de l’exode rural ont provoqué son extension dans le non-respect des normes urbanistiques. Cette population qui avait fui les mornes à cause, déjà, de la précarité des conditions matérielles d’existence a végété hier et encore aujourd’hui dans une situation de déni de leur citoyenneté, souvent sans avoir accès aux services de base. Des conditions qui ont fait des fils et des filles des marginaux d’hier, des candidats à la délinquance, à la criminalité…
La remise de cette pétition des habitants du Bel-Air intervient à un moment où, dans les quartiers populeux environnant la capitale, le chômage, l’absence de débouchés socioéconomiques renforcent le désespoir ambiant, un an et quelques mois après de violentes manifestations, dit-on, contre la faim. « Du rouge au vert », c’est bien, a commenté James, 29 ans, un habitant de ce quartier quelque peu sceptique, qui ne voit pas d’effort à impact économique perceptible qui tend vers le mieux-être de la population afin de pérenniser ce passage du rouge au vert.
Roberson Alphonse
robersonalphonse@yahoo.fr
Les élèves de Bel-Air, sujets d’une enquête
12 Juin 2009
Sur un échantillon de plus de deux mille élèves des sections primaire et secondaire, issus de sept écoles de Bel-Air, l’organisation non gouvernementale Brésilienne Viva Rio a mené une enquête sur le comportement de cette population dont le résultat a été rendu public le week-end écoulé.
Haïti: Le directeur exécutif de Viva Rio, Ruben César Fernandez, a présenté vendredi dernier le résultat d’une enquête réalisée sur les comportements et pratiques à risques des adolescents de Bel-Air, au Centre culturel du Brésil sis au 168 de la Place Boyer.
« L’objectif de cette enquête menée à Bel-Air permettra à Viva Rio de construire des projets de santé en vue d’améliorer la condition sociale des enfants de la zone », a fait savoir la coordinatrice du projet ‘Dlo Fanm Sante’ de Viva Rio, Dr Rosiane Siméon.
L’étude a été menée sur un échantillon de plus de deux mille élèves des sections primaire et secondaire de sept écoles de Bel-Air. Les pratiques sexuelles, la participation dans des épisodes de violence et la consommation de drogue étaient, entres autres, des sujets de l’enquête.
En général, dès l’âge de la puberté, les adolescentes de Bel-Air s’aventurent déjà dans des actes sexuels. « La relation sexuelle prématurée chez les filles âgées de douze et treize ans sont très fréquentes à Bel-Air », a révélé le directeur exécutif de Viva Rio, Ruben César Fernandez.Tout en soulignant que cette pratique engendre la grossesse non désirée, il a indiqué que l’éducation sexuelle des enfants reste un défi important pour les éducateurs.
Intervenant sur l’aspect de la violence, Mr Fernandez n’est pas passé par quatre chemins pour manifester sa satisfaction de l’air d’accalmie qui souffle à Bel-Air. « Je suis satisfait quant à la participation de Viva Rio à la diminuation de la violence à Bel-Air », a-t-il soupiré. Selon le directeur exécutif de Viva Rio, il y a seulement 17 homicides pour 5 mille habitants au Bel-Air, tandis qu’à Rio de Janeiro et Kingston, il y a respectivement plus de 50 et 60 homicides pour 5 000 habitants. Il a ajouté que les plus jeunes, moins de quatorze ans, soit 12 % de l’échantillon, participent davantage dans des disputes avec des armes à feu contre ceux qui ont plus de dix huit ans, soit un pourcentage de 8 %.
« Les petites transgressions commencent tôt : à l’âge de treize ans, environ la moitié des adolescents auront déjà initié leurs expériences dans la consommation de l’alcool et de la cigarette », a conclu M. Fernandez.
Il est à rappeler que Viva Rio est présente depuis environ deux ans à Bel-Air où elle implante plusieurs projets qui sont, entre autres, la dotation de huit écoles d’une infirmerie, la construction de treize kiosques pour les quelque 90 mille habitants qui vivent dans cette zone.
John Walter DESTINE
johnwalterdestine@yahoo.fr
Bel-Air doublement vert
8 Mai 2009
A l’occasion de la Fête du travail et de l’Agriculture, le vendredi 1er mai en cours, Viva Rio, une ONG brésilienne travaillant pour la réduction de la violence au Bel-Air, a procédé, conjointement avec la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR), au lancement d’une campagne de reboisement dans ce quartier.
Haïti: C’est en présence de plusieurs dizaines d’élèves, de représentants d’organisations communautaires, des habitants du Bel-Air, que les responsables de Viva Rio ont procédé au lancement d’une campagne baptisée « Bel-Air Vert ». « C’est le tout début d’une campagne de promotion à long terme en vue de donner une autre image au Bel-Air », a déclaré l’ambassadeur brésilien à Port-au-Prince, Igor Kipman, qui prenait part, le week-end écoulé, à cette activité sur la place de la Paix, à Delmas 2.
Selon l’ambassadeur, à part cette journée spéciale réservée à l’agriculture, environ trois mille plantules seront distribuées aux habitants des différents quartiers avoisinant le Bel-Air. « Nous commençons symboliquement à planter dès aujourd’hui, mais c’est quelque chose qui va continuer », a-t-il expliqué.
Si la zone du Bel-Air était réputée zone rouge pendant un certain temps, elle est devenue verte aujourd’hui, selon le directeur exécutif de Viva Rio, Rubem Cesar. « Bel-Air est passé du rouge au vert, c’est pour vous expliquer que la zone n’est plus une zone de non-droit », a fait remarquer M. César, mettant l’accent sur les progrès constatés en ce qui a trait à la sécurité de la région. Par ailleurs, en réponse aux différentes campagnes de désinformation dont Haïti est l’objet sur le plan international, il a indiqué qu’ « Haïti est loin d’être violente par rapport au Brésil ».
Au cours de cette journée, le rapport de « Tanbou Lapè », un autre projet initié par ladite ONG, a été, entre autres, présenté aux institutions ayant contribué à favoriser le climat de paix au Bel-Air. Selon les résultats de ce rapport, une nette amélioration de la situation sécuritaire du Bel-Air, en termes de violence, a été enregistrée dans ce quartier considéré autrefois comme un quartier de non-droit. Le commissaire de la CNDDR, Jean-Baptiste Jean Philippe, qui a salué cette initiative de Viva Rio, invite d’autres zones à suivre l’exemple du Bel-Air qui est passé du rouge au vert.

L’adjoint principal du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti, Luiz Da Costa, vient de mettre une plantule en terre L’adjoint principal du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti, Luiz Da Costa, vient de mettre une plantule en terre
De leur côté, les habitants du quartier n’ont pas caché leur satisfaction. « Désormais, nous pourrons recevoir n’importe quelle personnalité. Bel- Air n’est plus habité par des bandits, mais par de simples citoyens qui désirent vivre dans leur pays », a expliqué un jeune homme. C’était aussi l’occasion pour les trois gagnants du concours d’orthographe organisé par ladite ONG de recevoir leur prix.
L’ambassadeur du Brésil en Haïti, Igor Kipman, le directeur exécutif de Vivo Rio, Rubem Cesar Fernandez, l’adjoint principal du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Luiz Da Costa et la directrice de l’AfricAmérica, Barbara Prézeau, sont du nombre des personnalités qui ont pris part à cette journée.
Elizias Joseph
josephelizias@yahoo.fr
Vers le renforcement des capacités du réservoir Nord Alexis de Bel Air
19 Février 2009
Haïti: Viva Rio, une ONG brésilienne et la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable (CAMEP) ont lancé, le lundi 16 février 2009, les travaux de renforcement des capacités du réservoir Nord Alexis de Bel-Air à partir des forages de Maïs Gâté. La supervision et l’exécution de ces travaux qui ont, entre autres, permis de créer plusieurs dizaines d’emplois directs en faveur des habitants du Bel-Air, sont respectivement confiées à l’Agence de Port-au-Prince et une firme de contractuels chargée de gérer les aspects techniques dudit projet.
Ce projet rentre dans le cadre du vaste programme de développement baptisé « Onè Respè pou Bèlè » initié par Viva Rio au Bel-Air. Il alimentera régulièrement tout le quartier du Bel-Air avec 508 000 gallons d’eau. Selon le responsable de l’Unité quartiers défavorisés de la CAMEP, M. Théodat St Vil Robenson, ces travaux qui vont durer environ trois mois, sont financés à hauteur de 120 mille dollars américains.
« Nous espérons que ces travaux seront réalisés dans les délais souhaités et que les milliers d’habitants de cette zone pourront accéder à l’eau potable qui fait tant défaut », a déclaré la Coordonnatrice du projet « Dlo Fanm Sante » de l’ONG Viva Rio, Mme Rosiane Siméon, en soulignant que la vision de ladite ONG est de contribuer à améliorer les conditions de vie des habitants de Bel-Air.
Quant aux bénéficiaires, ils estiment que Viva Rio et CAMEP ont fait d’une pierre deux coups. « C’est une initiative à encourager. Non seulement ce projet nous a permis de trouver du boulot, mais aussi il nous permet d’accéder plus facilement à l’eau potable », a affirmé un habitant, l’air satisfait. De son coté, M. Théodat dit souhaiter que ce partenariat soit durable au profit de la population haïtienne, plus particulièrement celle de Bel-Air.
L’organisation a déjà initié dans ce quartier plusieurs projets, notamment la construction de plus de 10 kiosques d’eau, de sites de captation d’eau de pluie traitée, analysée et rendue potable dans les écoles pour l’alimentation d’environ 20 000 élèves.
Viva Rio est une ONG brésilienne qui travaille pour la réduction de la violence à Bel-Air, où plusieurs projets de développement dont Tanbou Lapè ont déjà été réalisés. Elle compte y introduire bientôt un vaste projet de gestion et de valorisation des déchets.
Elizias Joseph
josephelizias@yahoo.fr
Des fontaines publiques dans les quartiers populaires
4 Décembre 2008
En vue de faciliter l’approvisionnement en eau potable au Bel-Air et ses environs, l’ONG étrangère Viva Rio, en partenariat avec la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable (CAMEP), a inauguré, le mardi 2 décembre, une fontaine publique dans ledit quartier où les habitants pourront se procurer de l’eau à un prix dérisoire.
Haïti: Le projet dénommé « Dlo, Fanm, Sante », rentre dans le cadre d’un programme de l’ONG Viva Rio qui vise, entre autres, l’augmentation de la quantité d’eau disponible au Bel-Air,la diminution du coût, et l’amélioration de la qualité du précieux liquide dans cette communauté. « Notre motivation a commencé après une étude réalisée en juin 2007 qui a révélé que la population du Bel-Air a des difficultés pour se procurer de l’eau.
Après trois kiosques déjà construits dans les quartiers de la capitale dont Fort Touron, La Saline, Boulevard Jean-Jacques Dessalines, cette nouvelle fontaine publique, avec une capacité de 3 000 gallons, aura permis d’augmenter le quota disponible pour la population du Bel-Air, et à un prix dérisoire. « Avec cette nouvelle fontaine publique, la population de Bel-Air aura moins de difficultés à s’approvisionner en eau potable. Avec seulement deux gourdes, ils pourront se procurer un sceau d’eau », a indiqué Mme Siméon.
Financé à hauteur de 15.000 dollars américains par l’Agence canadienne de Développement international (ACDI) et la coopération des gouvernements norvégien, brésilien et haïtien, la construction de ce nouveau kiosque -comportant deux salles de bain et un lavoir- s’ajoute aux différents travaux déjà réalisés par l’ONG Viva Rio au Bel-Air, dont un programme de santé scolaire au profit des écoliers de plusieurs écoles dans ladite communauté, a expliqué pour sa part Daniela Bercovitch, assistante directrice de Viva Rio.
En qui ce qui concerne la gestion de ces fontaines publiques, des comités sont créés avec des membres des quartiers en question pour s’en charger. Et, pour l’instant, des travaux sont en cours pour la construction de deux autres fontaines sur un total de 13 avant le nouvel an dans d’autres quartiers populaires de la capitale, où se procurer de l’eau représente jusqu’à aujourd’hui un défi.
Valéry DAUDIER
Huit écoles du Bel-Air enfin dotées d’infirmerie

Le Dr Rosiane Siméon, coordonnatrice du projet « Santé scolaire» (PSS) de Viva Rio (Photo: Joachim Guillaume)
Des écoliers répartis dans huit établissements scolaires du quartier de Bel-Air ont enfin accès aux soins infirmiers grâce à un projet de « Santé scolaire» (PSS) mis sur pied par Viva Rio, une ONG étrangère. Question de procurer des soins nécessaires aux élèves et aussi les responsabiliser dans leur propre prise en charge sanitaire.
Haïti: Lucxo Saint-Cyr, dans la vingtaine, élève de la terminale I au lycée Alexandre Pétion, depuis qu’il fréquente cette institution scolaire, dit n’avoir jamais accès aux soins infirmiers dont il a besoin. « Avec cette infirmerie à l’école, je me sens bien maintenant, car je sais que je ne suis pas le seul élève qui va recevoir les soins de santé quand on en aura besoin», ajoute-t-il.
Lucxo Saint-Cyr est l’un des milliers d’écoliers du Bel-Air qui bénéficient actuellement du projet de « Santé scolaire». Pour son plus grand bien. Ce projet, financé à hauteur de quelque deux cent mille dollars américains par le gouvernement de la Norvège et l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et exécuté par Viva Rio, a pour but de responsabiliser les élèves dans leur propre prise en charge sanitaire et s’inscrit aussi dans le large programme « Onè respè pou Bèlè », qui vise à l’amélioration de la qualité de vie des habitants du quartier de Bel-Air et de ses environs.
Ce projet de santé doit pratiquement couvrir toutes les écoles du Bel-Air. Huit écoles en sont déjà bénéficiaires, notamment le lycée Alexandre Pétion, le lycée Daniel Fignolé, le Petit Séminaire Collège Saint Martial, l’Ecole Nazaréenne, les Soeurs Salésiennes, l’Armée du salut, l’Ecole du Perpétuel secours et l’Ecole nationale de la République d’Argentine. Chacune de ces écoles dispose d’une infirmerie et d’une infirmière employée par Viva Rio, qui répond aux moindres préoccupations des élèves et des professeurs. Ces infirmeries fonctionnent tous les jours durant l’année scolaire. Chaque infirmerie dispose d’un lit avec matelas, d’un porte-sérum, d’une balance, d’une chaise roulante, d’un kit de premiers soins, d’un bureau et d’un placard muni d’outils nécessaires.
Plusieurs infirmières interviewées par Le Nouvelliste n’ont pas caché leur satisfaction en prodiguant des soins infirmiers aux élèves au sein même de leur établissement scolaire. « Je suis heureuse de servir les écoliers dans mon métier d’infirmière. Je reçois tous les jours des élèves qui souffrent de migraines, de douleurs abdominales, de douleurs d’estomac, de la fièvre, de blessure, etc. Quand cela me dépasse, je suis obligée de transférer l’élève à un centre hospitalier pour les soins que nécessite son cas », a expliqué l’infirmière Paul Bernadette affectée au Lycée Alexandre Pétion.
Selon le Dr Rosiane Siméon, coordonnatrice du projet « Dlo, Fanm, Santé » de Viva Rio, le projet « Santé scolaire » a été conçu grâce à une enquête menée au Bel-Air sur les comportements de santé, particulièrement chez les élèves de la zone ou fréquentant une école de cette communauté. « Nous avons mis sur pied ce projet, car la majeure partie des institutions scolaires du quartier de Bel-Air sont dépourvues d’infirmerie pour fournir les premiers soins de santé aux élèves durant la période scolaire. Nous croyons fermement que la santé est un droit et qu’elle est aussi une affaire communautaire et surtout personnelle », déclare d’emblée Mme Siméon, l’air satisfaite.
Les activités de ce projet, précise Mme Siméon, s’articulent autour de trois axes, notamment l’environnement, l’équité de genre, la santé et l’eau. Une formation régulière et un encadrement des comités de gestion au niveau des écoles et un cours de santé sont également mis sur pied au sein de ces écoles.
Ceci illustre le constat malheureux du manque d’infrastructures de santé de base ou, dans le pire des cas, leur destruction par les vagues de troubles sociopolitiques enregistrées au cours des 20 dernières années dans le pays. Cette organisation non gouvernementale veut à tout prix porter sa contribution au renforcement des objectifs de l’Etat haïtien en vue de trouver des solutions aux problèmes de santé en commençant par les écoles, car les soins de santé ne sont plus un droit en Haïti mais un privilège.
Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com
Au Bel-Air, la violence tend à diminuer
3 Septembre 2008
Bel-Air, l’un des quartiers historiques de Port-au-Prince, figure sur la liste des quartiers victimes des scènes de violence collectives enclenchées en 2004. Selon une enquête publiée par des institutions nationales et internationales sur la «victimisation» enregistrée dans cette zone de Port-au-Prince, aujourd’hui, la situation est moins inquiétante.
Haïti: Le résultat de l’enquête publiée lundi sur le quartier de Bel-Air, par Rubem César Fernandèz, directeur-exécutif de Viva Rio (une ONG étrangère), s’est articulé autour de la problématique de la violence dont les habitants de Bel-Air et ceux des quartiers circonvoisins ont été victimes lors des troubles qui ont secoué le pays au cours des deux dernières années.
« 6,5% de la population de Bel-Air, âgée de plus de 15 ans, déclare avoir perdu un proche assassiné aux cours de ces événements. Par contre, dans les quartiers les plus pauvres de Rio de Janeiro, au Brésil, semblables à Bel-Air, le taux est plus élevé, soit 8% », a dit M. Fernandèz devant une assistance sélecte composée de membres de la société civile, de journalistes et de représentants d’institutions nationales et internationales.
D’après les responsables, ce recensement visait à constituer une base de données solides qui non seulement orientera les actions et les programmes de Viva Rio, mais aussi serviront de repères permettant aux autorités haïtiennes d’intervenir de manière adaptée dans les quartiers urbains précaires, en vue d’améliorer les conditions de vie des populations.
Financée à hauteur de quelque 40 000 dollars américains par le gouvernement de la Norvège, cette enquête, qui s’est échelonnée sur six mois, a permis aux acteurs de collecter un ensemble de données significatives sur l’eau, sur les déchets, sur la santé, sur les conditions de vie et sur la violence.
Selon le rapport, 43 % de la moitié de la population dit avoir déménagé du quartier pendant la période des violences collectives qui ont débuté en 2004. Les acteurs ont vérifié l’impact dévastateur de la violence sociopolitique récente sur les habitants. Ces évènements avaient surtout affecté les enfants.
« Les raisons fournies pour le retour à la maison au Bel-Air sont compréhensibles par la reconnaissance du fait que la Police nationale d’Haïti (PNH) et la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) aient rétabli l’ambiance de sécurité (23,2%), réponse qui s’ajoute aux 14,3% qui offrent un climat de sécurité dans la zone », lit-on dans le rapport.
M. Fernandèz a, par ailleurs, ajouté que les résultats de ce recensement remettent en mémoire une dimension des problèmes de violence auxquels les habitants de nos villes ont fait face au cours de ces moments de trouble. « Je profite de cette occasion afin d’attirer l’attention des décideurs sur les vrais problèmes et de les mettre en débat, a-t-il renchéri. Ce rapport d’enquête pourra grandement aider à définir des politiques publiques urbaines.»
De l’eau à un prix très modique au Bel-Air
30 Juin 2008
Les habitants du Bel-Air pourront désormais s’approvisionner en eau potable à un prix très modique, grâce à un accord de partenariat paraphé dimanche entre la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable (CAMEP) et Viva Rio, une ONG étrangère.
Haïti: « Cette initiative fait suite à un recensement réalisé en 2007 par l’Université Quisqueya (UNIQ) et Viva Rio sur la population du Bel-Air. Ce dénombrement a révélé que la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable (CAMEP) ne fournissait que 44% de l’eau consommée dans les hauteurs du Bel-Air. Cette situation encourageait l’augmentation du prix de l’eau mais aussi des risques de maladies dues à l’utilisation d’eau non traitée », dit Rubem César Fernandes, directeur exécutif de Viva Rio, devant un parterre de citoyens et de journalistes.
Cet accord paraphé entre les deux organismes, visant à augmenter l’approvisionnement en eau potable, a également pour but de renforcer la capacité de production de l’institution de l’Etat. Financé à hauteur de quelque 120 000 dollars américains, cet accord s’échelonnera sur quatre mois. Cette démarche conduira à la construction d’un important tronçon de la ligne de captation d’eau des forages de l’Aéroport Mais Gâté au Bel-Air et qui va désormais alimenter le réservoir de la zone régulièrement.
Le directeur exécutif de Viva Rio s’est dit assuré que la population du Bel-Air apportera sa collaboration avec son organisme afin d’améliorer leurs conditions de vie. « Ce projet est rendu possible grâce à la coopération des gouvernements norvégien, canadien, brésilien et haïtien », a-t-il indiqué.
De son côté, l’ingénieur Raphaël Hosty, secrétaire général de la CAMEP, a fait remarquer que six quartiers vont bénéficier des retombées de cet accord. Il appelle les habitants de ce quartier et des zones environnantes à adopter des comportements responsables à l’égard des dispositifs établis par l’institution. « Je souhaite que les habitants du Bel-Air aient des comportements responsables à l’égard des dispositifs de l’institution pour la pérennisation des investissements », a-t-il renchéri.
Daniela Bercovitch, Assistante directrice de Viva Rio, a, pour sa part, rappelé
que cet accord s’inscrit dans le cadre du projet dénommé « Dlo Fanm Sante » de l’ONG qui vise, entre autres, l’augmentation de la quantité d’eau disponible au Bel-Air, mais aussi la diminution du coût du précieux liquide dans cette communauté.
47 quartiers de la région métropolitaine sont déjà bénéficiaires du programme d’approvisionnement en eau de cette institution. Deux fontaines publiques avec des capacités de 3 000 gallons ont été construites dans plusieurs quartiers de la capitale dont Fort Touron, La Saline, etc. Les habitants de ces quartiers pourront désormais se procurer l’eau à un prix dérisoire. Des travaux sont entrepris pour la construction de quatre autres nouvelles fontaines avant la fin de l’année.
Amos Cincir
cincir2008@gmail.com
cicnir2005@yahoo.fr
Du beau monde à Bel-Air
14 Mai 2008
Haïti: Les organisations de développement, quand elles font bien leur travail, s’évertuent à mener des études sur les lieux où elles s’apprêtent à conduire un projet. Les conclusions de ces études, d’un abord rébarbatif, ne soulèvent généralement que l’intérêt des experts et laissent le grand public dans l’indifférence. Pourtant, entre deux résultats bâtis autour de chiffres et de courbes ennuyeuses se révèlent parfois des merveilles qui ne devraient pas fasciner que les spécialistes. On y découvre souvent les tendances profondes, les désirs et les attentes des exclus. C’est ce que viennent de découvrir une équipe de sociologues et de statisticiens.
L’organisation brésilienne Viva Rio et l’Université Kiskeya viennent de terminer un recensement dans une grande région de Port-au-Prince, couvrant Bel-Air, Delmas 2 et La Saline dans le cadre du vaste projet de rénovation urbaine de Viva Rio “Onè Respè pou Belè”. D’avril à juin 2007, les enquêteurs, dirigés par la sociologue Sabine Manigat, ont réuni des informations sur 32 447 personnes, identifiant besoins, attentes et accès aux services du quartier, avec un supplément d’enquête conduit en décembre de la même année sur 18 228 individus. La zone concernée est, comme on le sait, habitée par une population relativement diverse sur le plan social, mais qui demeure généralement pauvre, vivant dans une situation de grande précarité.
L’enquête confirme évidemment cette précarité. Mais la principale découverte demeure la volonté de la population de se prendre en charge. Une large majorité de personnes (61,5%) estiment que leur quartier est tout à fait capable d’assumer la gestion de l’eau. Près de 95% des sondés souhaitent recevoir une formation à ce sujet. Dans le domaine du ramassage d’ordures, 76% sont d’avis qu’eux-mêmes, leur communauté et des ONG peuvent prendre en charge cette responsabilité. Dans certaines zones, ces chiffres font des pointes à plus de 80%. Ce que ces chiffres disent, en somme, c’est que le salut ne peut venir que de nous-mêmes, gens de Bel-Air. Du portrait des habitants du Bel-Air esquissé par cette enquête ressort une mentalité opposée à un esprit de gens assistés, inertes ou pessimistes. Que l’on soit surpris ou pas, nous avons ici un indicateur clair de la volonté d’appropriation de son destin collectif par une population vivant dans une grande précarité économique et délaissée par les services publics.
La force identitaire du Bel-Air ressort aussi clairement et puissamment de l’enquête. Et cette relation identitaire s’articule vigoureusement à la volonté d’appropriation de la population. Il s’agit là aussi, ne nous y trompons pas, d’une surprise qui témoigne, sans démagogie, d’une grande force de résilience. Malgré la pauvreté, malgré des années de violence urbaine, malgré la stigmatisation dont le nom Bel-Air fait l’objet dans le grand public, malgré les flux de migration et d’exil en dehors de Bel-Air, les gens entretiennent une relation identitaire, on pourrait même dire affective, avec leur quartier.
Vieille région d’habitation urbaine de Port-au-Prince, Bel-Air a eu, comme on le sait, un âge d’or, jusqu’aux années 1940. C’est l’avantage du quartier sur tous les autres lieux paupérisés de Port-au-Prince. On y vit depuis des générations, aujourd’hui encore (74,3% des recensés affirment y avoir toujours vécu). Un charme indéniable, même si bafoué, se dégage de ses vielles ruelles décaties. Son lycée, le lycée Pétion, appartient à l’histoire intellectuelle et morale de la nation. Un des plus grands écrivains d’aujourd’hui, Frankétienne, y est né et y a grandi. Autrement dit, Bel-Air a une histoire, et elle est belle.
Les problèmes, comme on dit pudiquement, s’aggravent et acquièrent une dimension politique vers 2004. Bel-Air devient un des lieux d’affrontements politiques. On tire sur les maisons, les églises, les temples, les écoles. Les civils en sont les victimes, et bientôt on fuit le quartier. Il se dépeuple. Le coût social de la violence apparaît crûment dans les statistiques de ce recensement : 40% de la population a fuit Bel-Air durant les périodes de trouble et d’affrontements. Ce coût ne se traduit pas seulement en termes quantifiables de victimes et de dommages des biens. De tels déplacements de population portent des dommages considérables et parfois irrémédiables à des réseaux sociaux de vieille implantation urbaine. De manière stupéfiante, la pyramide démographique du quartier, début 2007, faisait apparaître un phénomène unique pour un pays sous-développé : les strates désignant les classes d’âge entre 0 et 24 étaient plus minces que celles au-dessus de 25 ans. Les familles avaient éloigné leurs enfants lors des périodes de violence. Au moment de la première phase de l’enquête, la famille moyenne de Bel-Air ne contenait pas plus de 3,3 membres. Le supplément d’enquête mené en décembre 2007 fait apparaître que plus des deux tiers des enfants éloignés par leurs parents étaient maintenant revenus.
Cette violence, redisons-le, s’est sédimenté sur la précarité et la paupérisation. En outre, le seul nom Bel-Air suffit, dans le grand public et les médias, à évoquer violence, criminalité et incertitude. Dans ces circonstances, il est donc stupéfiant de découvrir que 70% des recensés souhaitent rester à Bel-Air, que 60% s’estiment heureux aujourd’hui d’y vivre (avec des pointes à 75% dans certaines zones), 32% vont même jusqu’à affirmer qu’ils n’ont pas voulu quitter le quartier parce qu’ils y sont nés. Certes, l’embellie sécuritaire survenue depuis maintenant près de deux ans y est certainement pour beaucoup. Le projet de désarmement du gouvernement et les diverses interventions d’ONG ont contribué à ce regain d’espoir. Mais la vieille identité bélairoise a de quoi faire des jaloux. On peut y situer un des fondements de la volonté d’appropriation par la population du projet de rénovation urbaine de Viva Rio.
Jean-Philippe Belleau
Département d’Etudes de l’Amérique Latine
Université du Massachusetts à Boston
Les résultats d’une enquête sur Bel-Air
24 Mars 2008
Bel-Air: un quartier historique de Port-au-Prince est confronté à une réalité quotidienne difficile parce qu’il lui manque de l’essentiel des services publics que l’Etat se doit de garantir à ses citoyens. C’est ce qui ressort, pour l’essentiel, des premières données d’une enquête réalisée conjointement par l’Université Quisqueya (UNIQ) et Viva Rio entre avril et juin 2007.
Haïti: « Ces données constituent une matière première précieuse pour les décideurs politiques, les gestionnaires de l’Etat ou ceux qui aspirent à le devenir, ceux qui exercent ou prétendent exercer une fonction de vigilance des rapports de l’Etat avec le citoyen », a fait savoir le recteur de l’UNIQ, Jacky Lumarque, lors de la présentation des résultats de cette enquête à l’auditorium de l’université, le 5 mars courant.
Estimant que les résultats de ce recensement remettent en mémoire une dimension des vrais problèmes auxquels les habitants de nos villes doivent faire face aujourd’hui, M. Lumarque croit qu’il s’agit là d’un outil précieux pour les journalistes soucieux de passer du futile à l’utile. En attirant l’attention sur les vrais problèmes à mettre en débat. «Quel meilleur aliment pour les décideurs, les gestionnaires actuels [...] que les données susceptibles d’orienter la recherche de solutions sur des bases d’informations solides et pertinentes?», s’enorgueillit le secteur de l’UNIQ qui remercie Viva Rio à travers Ruben Cesar d’avoir permis à son université de s’associer à ce projet qui coïncide avec une démarche de transformation radicale de l’université pour la rendre attentive aux problèmes de fond traversant la société haïtienne d’aujourd’hui et en même temps proactive dans la recherche de solutions scientifiquement fondées.
« Notre intérêt pour la question des villes se précise de plus enplus comme un besoin de compréhension du phénomène de glissement des villes où bidonvillisation, conurbations non désirées et précarisation semblent s’imposer comme des fatalités spatiales, où les quartiers jadis très chic, comme le Bel-Air, laissent inexorablement la place à des espaces désintégrés au sein d’une armature urbaine dépourvue des équipements adéquats pour faire face aux besoins d’une population grandissante, où l’informalité s’impose aux structures de l’Etat comme règle prédominante de la régulation des droits de propriété », indique M. Lumarque qui situe le projet dans le cadre d’une vision modenre de placer l’université dans la trajectoire des réponses à produire à ces problèmes. D’où l’objectif du programme de Master en développement urbain, qui sera mené en partenariat avec l’Université Paris Est, l’Ecole nationale des Sciences géographiques (ENSG Paris), l’Université de Douala du Cameroun. « Nous comptons également associer à ce master des partenaires haïtiens comme le Centre national de l’Information Geospatiale (CNIGS), des sociétés privées spécialisées dans le développement urbain et la gestion des grands travaux d’urbanisation, les municipalités de la région métropolitaine de Port-au-Prince », indique M. Lumarque, en mettant accent sur la nécessité de recherche des voies de développement qui commande, selon lui, l’analyse et la compréhension des phénomènes présents et prévisibles. Dans le but de guider les choix.
Jacky Lumarque précise que l’UNIQ est en train de finaliser une convention avec l’Association des maires frontaliers pour une coopération dans la réalisation d’un plan de développement de la région frontalière. Convention embrassant les 18 communes adossées à la frontière. « Nous avons associé à notre démarche l’Université catholique dominicaine Madre y maestra qui, de façon symétrique travaillera également avec les 18 municipalités dominicaines frontalières, de manière à créer le maximum de synergies dans les interventions », fait-il savoir en annonçant le début des opérations au niveau de Ouanaminthe (Nord-Est), Belladère (Centre) et Anse-à-Pitres (Sud-Est).
Bel-Air: des données alarmantes
L’enquête sur le quartier de Bel-Air s’est articulée autour de la problématique de la consommation de l’eau. Sabine Manigat (Coordonnatrice de terrain de la recherche) et Ruben Cesar Fernandes (directeur exécutif de Viva Rio) ont présenté aux responsables politiques, bailleurs de fonds internaitonaux et naitonaux… des données alarmantes quant au vécu des riverains de ce quartier relatif à la consommation de l’eau. « Les habitants du Bel-Air achètent l’eau potable deux fois plus chère que l’allemand, soit m3 d’eau = 3,7 $US contre m3 d’eau = 1,8 $US », s’étonne M. Fernandes qui ajoute que certaines couches de la population dépensent presque la moitié de leur revenu pour la consommation en eau qui coûte d’ailleurs sept (7) fois plus chère qu’aux Etats-Unis d’Amérique, soit m3 d’eau = 0,5 $US.
Selon le rapport, seulement 10% des ménages disposent d’eau courante venant de la CAMEP (Centrale Autonome Métropolitaine d’Eau Potable) dans leurs maisons. La CAMEP ne fournit que 44% de l’eau consommée dans cette zone. Fort des objectifs de Viva Rio pour 2010 dans le domaine de la consommation d’eau, M. Fernandes plaide pour une augmentation de la quantité d’eau au Bel-Air (700.000 litres/jour), la diminution du coût d’un bidon d’eau de 5 gourdes à 2 gourdes, la construction de 10 nouveaux kiosques qui seront approvionnés par des camions tant que CAMEP ne sera pas en mesure de les intégrer dans sa structure propre.
Eau, déchets, santé, conditions de vie, victimisation… autant de paramètres parmi bien d’autres que le recensement financé à hauteur de $40.000.00 (quarante mille dollars) par le gouvernement de la Norvège, a pointés du doigt. Grâce à la contribution de chercheurs motivés par le souci d’aider l’Etat à intervenir de manière adéquate dans les quartiers urbains précaires, en vue d’y améliorer les conditions de vie des populations. Un outil d’importance somme toute, que ce rapport d’enquête qui pourra aider à (re) définir des politiques publiques urbaines. Avec une vision sur l’avenir.
Robenson Bernard
Première édition de carnaval au Bel-Air
Haïti: Viva Rio, dans sa perspective de réduire la violence à Bel-Air, entend organiser la première édition du carnaval cette année dans ce quartier. Cette manifestation se déroulera le 1er février de 10h a.m à 2h p.m.
Pour cette première édition de carnaval au Bel-Air, Viva Rio privilégie les enfants. Cette ONG entend profiter de cette occasion pour sensibiliser les jeunes sur les impacts négatifs de la violence et de la consommation de drogues.
Par conséquent, le thème retenu est: « nou pa vle vyolans, nou pa nan dwòg ». Un thème tout indiqué pour des festivités carnavalesques dans cette zone qui avait trainé durant des mois la réputation de secteur dangereux.
En plus de son désir de sensibiliser les jeunes aux effets néfastes de la violence et de la consommation de drogues, Viva Rio veut aussi faire la promotion de l’intégration des différents quartiers de Bel-Air.
Selon Daniel Delva, responsable des relations communautaires pour Viva Rio, en réalisant ce carnaval, l’organisation veut prôner une autre image de Bel-Air, une image plutôt pacifiée « face à sa réputation de zone violente ».
Rasta Babiez, groupe rap composé d’adolescents, assurera l’ambiance musicale durant tout le parcours. D’autres formations musicales comme Louloup Pati Cool et Samba The Best (bandes à pied) y performeront également.
Des cracheurs de feu, des jongleurs, des échassiers (janm debwa), des gens masqués, un groupe de danse et des marionnettes désignant « madan Aman, Mèt minwi », viendront embellir cette première édition de carnaval de Bel-Air.
Ce carnaval est considéré par les membres de Viva Rio comme une sorte de test pour la population de Bel-Air. Sa réalisation coûte $ 7000 US selon les explications de M. Delva.
vigne_esther@yahoo.fr
(HPN)
De l’eau pour des écoliers assoiffés
18 Janvier 2008
Viva Rio, une ONG brésilienne, vient de doter le lycée Alexandre Pétion, d’un système de traitement d’eau de pluie. Ce captage permettra à quelque trois mille élèves d’étancher leur soif aux jours de classe.
Haïti: Elèves, professeurs et membres du personnel administratif se réjouissent de la construction de ce système d’adduction d’eau potable dont le coût s’élève à 25 mille dollars US. « La réalisation de ce captage d’eau potable est l’une des solutions de nos multiples problèmes », a déclaré Nicolas Mathurin, directeur du lycée Alexandre Pétion, lors de l’inauguration de ce système d’adduction d’eau potable en début de semaine.
Une citerne souterraine d’une capacité de plus de 6 mille gallons et trois autres citernes de capacité inférieure ont été construites par l’ONG brésilienne pour le captage de l’eau. « Un système de filtrage électrique a été ensuite installé dans le but de traiter l’eau, a expliqué Daniela Bercovitch, Assistant Directeur de Viva Rio, comme pour rassurer les bénéficiaires de la qualité de l’eau mise à leur disposition. Nous avons utilisé un filtre de charbon activé qui enlève le goût de chlore et le rend plus agréable. »
La construction de ce système d’adduction d’eau potable est une goutte d’eau dans un océan de problèmes. A quelque pas des citernes, se trouvent six petites chambres mal entretenues servant de latrines. Une odeur nauséabonde s’y dégage à longueur de journée. « J’ai toutes les peines du monde lorsque je dois aller dans cet endroit, affirme une écolière, utilisant sa main en guise de cache-nez. Les conditions ne sont pas réunies au lycée pour un bon apprentissage. »
« Absence de cafétéria, insuffisance de matériel didactique, cour poussiéreuse », font aussi partie du lot de problèmes de cette institution scolaire fondée en 1816.
Une intervention urgente ? C’est ce que nécessite à la vérité le lycée Alexandre Pétion, notamment l’aile primaire transférée depuis plus de cinq ans au Collège Tertullien Guilbaud.
Dressant lui aussi un tableau sombre du lycée en termes d’infrastructures, le directeur Mathurin informe que les projets relatifs à la cafétéria, à la salle d’informatique ainsi qu’aux toilettes modernes sont sur le point d’exécution.
Robenson Geffrard
robby8104@yahoo.fr
Victor Jean Junior
djune14@yahoo.fr
Distribution de jouets aux enfants du Bel-Air
21 Décembre 2007
Haïti: A l’occasion des fêtes de Noël et de fin d’année, le bataillon brésilien de la MINUSTAH, la CNDDR et le Viva Rio ont procédé conjointement ce vendredi à la distribution de jouets et de nourriture aux enfants du Bel-Air. Cette activité vise à renforcer la relation de confiance entre les membres de la population et les forces de l’ordre, et offrir du même coup, un moment de convivialité aux enfants des différents quartiers de la zone.
Tôt ce matin, des centaines d’enfants se bousculaient pour occuper la première place dans les locaux du lycée Alexandre Pétion dans l’espoir de recevoir de quoi fêter une Noël particulièrement difficile pour cette année. « Je n’ai même pas les moyens d’acheter à manger pour mes enfants voire de les procurer des jouets. Je suis bien obligé de les emmener ici dans l’espoir de leur trouver quelque chose » a déclaré une mère de plusieurs enfants.
D’après un responsable de la Commission nationale de démantèlement, de désarmement et de réinsertion (CNDDR) sur place pour la distribution, ils n’ont pas distribué des jouets sous forme de revolvers, au contraire ils en ont profité pour échanger des jouets en revolvers en possession des enfants contre d’autres types de jouets et de nourriture. « L’idée est de ne pas laisser jouer les enfants avec des armes sous forme de jouets. Les enfants nous les ont donné volontairement en échange d’autres jouets » a indiqué ce responsable de la CNDDR.
Sur place, le constat est que les parents des enfants étaient beaucoup plus intéressés à la nourriture qu’aux jouets. Chaque enfant avait doit à un petit sachet contenant soit le riz ou le maïs moulu ou le haricot communément appelé pois en Haïti. Selon le major Gerken de la troupe brésilienne de la MINUSTAH, les soldats de cette troupe ont contribué avec leur argent personnel pour acheter des jouets aux enfants les plus défavorisés. Interrogé sur la distribution de la nourriture, le major répond qu’elle est une aide de l’ambassade du Brésil en Haïti. « Le gouvernement brésilien par le biais de notre ambassadeur Paulo Cordeiro de Andrade Pinto, a décidé d’ajouter la nourriture, je pense que c’est une bonne chose. » a précisé le major Gerken qui annonce que, la distribution des jouets va s’étendre dans presque toutes les zones défavorisées de Port-au-Prince.
Cette journée de distribution a permis à près de 1600 enfants de bénéficier de plus de 2000 jouets de la MINUSTAH, de la CNDDR et de Viva Rio une association civile créée par des représentants de divers secteurs de la société brésilienne afin de lutter contre la violence croissante à Rio de Janeiro. Son objectif principal est de contribuer à la diminution de la violence et de l’exclusion sociale. Elle travaille en Haïti dans les domaines de réhabilitation des quartiers défavorisés, la réduction de la violence armée, le soutien à la jeunesse non scolarisée et sans travail et à la réforme des institutions de sécurité publique.
Robenson Geffrard
robby8104@yahoo.fr
Pour une mobilisation au Bel-Air
22 Novembre 2007
Haïti: En prélude à la commémoration de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, une équipe de Konesans Fanmi (KF) composée de la directrice exécutive de ladite institution, Mme Marie Antoinette Toureau, M. Alande Paul et Mme Marie Dominique Beauzile ont rencontré le lundi 19 novembre 2007 à la salle de conférence de KF des groupes provenant du quartier de Bel-Air et Viva Rio, une ONG brésilienne travaillant dans cette communauté.
Suite aux différentes discussions entreprises autour de la table de concertation contre les violences faites aux femmes présidée par la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, une série d’activités est prévue pendant deux journées :
Le vendredi 23 novembre, au local du Complexe du Bel-Air, une conférence populaire sera donnée autour du thème « Respekte kò m se diyite m ». A la fin de cette conférence, un film assorti au sujet développé sera projeté. Soulignons que la ministre à la Condition féminine, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue avait abordé ce sujet à la grande foire de Musique en folie au Parc historique de la Canne à Sucre, à Tabarre.
Dans l’après-midi du samedi 24 novembre, la caravane mobile d’éducation et de service de santé de Konesans Fanmi mettra une animation en face de la chapelle Notre-Dame du Perpétuel Secours. Comme à l’accoutumée, une panoplie d’artistes de KF évoluant sur plusieurs registres du spectacle culturel produiront sur le podium. A côté des artistes itinérants de KF, le groupe Raram qui a fait un malheur à Musique en folie évoluera avec d’autres bandes à pied de ce quartier comme Shabba rara.
Lors de la rencontre, Mme Toureau dit souhaiter une grande participation des femmes à la conférence. Ce souhait, elle l’explique par le fait même que ce sont les femmes qui subissent le plus souvent la violence dans notre société. Aussi a-t-elle demandé aux membres des organisations qui prenaient part à cette rencontre de prendre position contre le phénomène de la violence d’où qu’elle sorte.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
Des bourses d’études aux enfants du Bel-Air
13 Novembre 2007
Haïti: Environ une centaine d’enfants du Bel-Air sont sortis bénéficiaires du programme de bourses d’études de Viva Rio, une organisation non gouvernementale brésilienne impliquée dans la lutte contre la violence en Haïti. Pour le trimestre écoulé, Viva Rio a octroyé ces bourses d’études d’une valeur de 130 dollars américains chacune dans des écoles classiques en vue d’offrir aux populations des quartiers défavorisés d’autres alternatives que l’utilisation des armes et de la violence pour satisfaire leurs besoins.
Au cours d’une cérémonie organisée en la circonstance en l’église de Dieu Nazaréen samedi dernier, en présence de Ruben Cesar Fernandes, directeur de l’organisation, et des parents, Robert Montinano, coordonnateur à Viva Rio qui officiait comme maître de cérémonie, a présenté les conditions pour qu’un parent puisse bénéficier de ce projet.
« Le tirage qu’organise Viva Rio offre la possibilité chaque mois à trois enfants du quartier de Bel-Air en âge scolaire, mais qui n’avait pas la chance d’y aller, d’obtenir une bourse d’études. Cet argent est directement versé à l’école choisie par les parents », dit-il.
« Si en ce moment je suis présente ici, c’est pour remercier ”Tambou lapè” pour avoir permis à mon fils d’aller à l’école. Il n’avait pas eu cette chance l’année dernière », a affirmé, l’air jovial, une femme dans la soixantaine, la tête ceinte d’un mouchoir.
Elle était venue témoigner comme beaucoup d’autres parents des actions bienfaisantes de l’organisation brésilienne dans la zone. Les parents, composés de femmes en majorité, n’ont pas caché leur satisfaction de voir continuer un tel projet qui, selon eux, est très bénéfique.
A en croire le directeur de l’organisation, le brésilien Ruben Cesar Fernandes, pour un mois sans enregistrement de violence, Viva Rio octroie des dizaines de bourses d’études classiques dans les quartiers populaires. « C’est la seule façon de maintenir notre présence au Bel-Air », a-t-il soutenu.
Une attention toute particulière a été accordée aux femmes de la zone. A travers un projet intitulé « Dlo, fanm, sante », Viva Rio veut mettre de l’eau potable à la disposition de toute la population du Bel-Air en vue de réduire les risques de contamination et de maladies relatives à l’utilisation d’eau non traitée.
« La gestion de ce projet est assurée par des femmes, car elles sont très habiles en ce domaine », a déclaré Robert Montinano, qui est aussi chargé de mission Ouest à la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) pour faire l’éloge des qualités de la femme.
« Dlo se lavi, dlo bay la sante, men dlo k ap danje si l pa trete », C’est en ces termes que l’infirmière responsable de la gestion du projet a informé tous les parents présents de l’importance de l’eau potable dans la vie et le développement d’un enfant.
L’organisation a établi un système de stockage des eaux de pluie. Ces dernières sont traitées et rendues potables. L’eau est repartie non seulement aux principaux bénéficiaires, mais également aux résidents de la zone.
Des partenariats sont entrepris avec d’autres institutions comme la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable (CAMEP) en vue de pallier la pénurie en eau potable à laquelle font face les 72000 âmes qui habitent la zone.
Des projets en cours
Un nouveau projet baptisé « Koloni vakans » a été présenté aux parents. Ce projet consiste en des activités récréatives et culturelles, en des visites guidées dont les enfants admis au programme seront les principaux bénéficiaires. « Ce projet est conçu pour le développement et l’épanouissement psychologique de l’enfant », a dit Robert Montinano.
En outre, Viva Rio a déjà entamé une étude sur le quartier du Bel-Air. Cette recherche vise à répertorier le nombre d’édifices publics et privés dont dispose Bel-Air. Des bourses d’études sont également prévues pour la formation des différentes personnes faisant partie des bandes de rara dans des domaines comme la musique, la peinture, l’artisanat, la poésie, etc..
C’était aussi l’occasion pour les tenants de cette organisation de présenter les différents projets auxquels ils ont déjà prêté main-forte. C’est le cas « de Tambou lapè » qui consiste en un accord signé entre les leaders des quartiers réputés pour les actes de violence.
Sherline Chanlatte Duplan
sherlinecduplan@yahoo.fr
Un projet de la réduction de la violence dans les quartiers populaires
26 Septembre 2007
Haïti: La Commission nationale désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) et « Viva Rio », un organisme brésilien, conduisent actuellement « Tambou Lapè », un projet de réduction de la violence dans les quartiers populaires.
Ce projet qui vise à offrir 33 bourses d’études à des jeunes en échange du maintien de la paix dans les quartiers défavorisés de Port-au-Prince, a déjà permis à beaucoup d’entre eux de bénéficier d’une bourse équivalente à 130 dollars américains. « Tambou Lapè » a été inauguré par les autorités de cette commune au Bel Air, à Solino, à Delmas 2 et à La Saline.
Pour remercier les esprits
8 Août 2007
Haïti: « Nous avions organisé, avec l’appui de nos partenaires, une cérémonie de prière pour la paix en 2005 et notre prière a été exaucée», a déclaré, ce mercredi, Richard André Morse, propriétaire de l’hôtel Oloffson qui annonce, à cet effet, l’organisation d’une cérémonie de remerciement pour le vendredi 10 Août 2007 dans les jardins de l’hôtel.
« Je peux avouer qu’il y a une certaine amélioration en ce qui a trait à la vague d’insécurité qui existait dans le pays depuis quelques années », a ajouté M. Morse, apparemment satisfait, lors d’une conférence de presse, au local dudit hôtel.
Reconnaissant toutefois que le taux de criminalité n’est pas totalement réduit dans le pays, M. Morse a fait savoir qu’une cérémonie de remerciement sera organisée conjointement par Viva Rio (une organisation non gouvernementale), l’Hôtel Oloffson et la commission nationale désarmement, de démantèlement et réinsertion (CNDDR).
Remercier les différents esprits qui, aux dires des organisateurs, ont contribué au maintien de la paix dans la société haïtienne, est le but de cette cérémonie vodouesque. Celle-ci fait suite à la cérémonie ayant eu lieu en août 2005 à partir de laquelle des Haïtiens vodouisants réclamaient la paix.
« Un montant de trois mille dollars US a été décaissé par l’Organisation des Nations unies pour la réalisation de la cérémonie de 2005 », a informé Richard Morse, sans préciser toutefois la somme disponible pour l’organisation de celle de 2007.
« La CNDDR est prête à apporter sa contribution à toute initiative visant à combattre l’insécurité», a lâché, pour sa part, Jean-Baptiste Jean Philippe dit ”Samba Boukman”, membre du CNDDR, qui en a profité pour remercier Viva Rio d’avoir mis la main à la pâte en vue de renforcer la stabilité dans le pays.
Selon les organisateurs, une grande manifestation culturelle aura lieu le 12 août 2007 dans le cadre du projet « Tanbou Lapè » en vue de marquer grandiosement cette date.
Victor Jean Junior
Amos Cincir
Des Brésiliens et l’université Quisqueya au chevet du Bel-Air
“Redonner au quartier de Bel-Air son visage d’antan”, tel est l’objectif d’un vaste programme lancé dans ladite zone par l’université Quisqueya (Haïti) et l’ONG Viva Rio (Brésil). La première phase du projet consiste à créer une banque de données fiables sur la zone.
Haïti: Depuis quelques jours, une cinquantaine d’enquêteurs parcourent le quartier du Bel-Air afin de recueillir des informations sur les conditions de vie de la population. « Toutes les maisons de la zone seront visitées », a assuré le directeur de Viva Rio, Ruben César Fernandez, à l’occasion du lancement de l’enquête qui doit se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin.
Le questionnaire porte sur les conditions de vie des femmes, l’eau potable, les soins sanitaires et la violence. « Nous voulons avoir un réseau de femmes pouvant nous aider à exécuter le programme », indique le directeur de Viva Rio. Selon lui, il est important de faire la lumière sur les rapports qu’ont entretenu les forces de l’ordre avec la population pendant la période de turbulence qu’a connue le pays récemment. « On veut notamment savoir si le bataillon brésilien ou la police haïtienne ont alors commis des exactions contre la population », a-t-il dit.
Financé par le gouvernement norvégien, cet ambitieux programme doit également toucher différents domaines dont la culture, la musique, le sport, les infrastructures, l’éducation, etc. « Le Bel-Air a une histoire. Il y avait de solides institutions comme le lycée Pétion. Nous ne pouvons pas les laisser mourir. Nous voulons les aider à se relever », a promis Ruben César Fernandez.
Plusieurs autres institutions comme la MINUSTAH et la CAMEP sont associées à ce projet administré par l’université Quisqueya. Avec l’aide de la CAMEP, l’ONG brésilienne entend rendre l’eau potable accessible à toute la population du Bel-Air. « Quatre puits sont déjà forés. L’analyse géophysique de l’eau est en train d’être faite, a informé le directeur de Viva Rio du Brésil. Nous comptons placer des points de distribution dans chaque coin du quartier. »
Mme Mirlande Manigat, l’une des responsables de l’université Quisqueya, se réjouit de l’implication de L’Uniq dans la réalisation de projets visant à améliorer les conditions de vie des habitants du Bel-Air. Elle a dit espérer que ce programme contribuera à refaire l’image de la zone ternie ces derniers temps. Elle a annoncé qu’un autre projet de ce genre doit être lancé bientôt au profit des habitants de Cité de Dieu située en face de l’université Quisqueya.
Arrivée dans le pays au début de cette année, l’ONG brésilienne entend rester dans le pays aussi longtemps qu’il le faudra afin d’améliorer les conditions de vie de la population haïtienne. Les responsables insistent pour dire que « le programme de réhabilitation du Bel-Air est sur le long terme».
Jean Pharès Jérôme





